En plat de résistance (Part. II)

En plat de résistance (Part. II)

 

Nous prîmes le temps de nous diriger vers la salle de bains pour nous rafraîchir un peu, puis il alla fumer la fameuse dose d’après jouissance, moi, ma fameuse clope…. Tout court.

La nuit était bien entamée, Claire et Bastien n’ avaient pas refait surface et nous nous doutions bien qu’ à cinq heures du matin, nous ne les reverrions pas avant un petit moment.

Fabio tenait difficilement ses yeux ouverts, je lui dit gentiment que je ne serais pas offusquée qu’il aille dormir. Une chambre avait été préparée pour nous par le couple, à l’autre bout de la maison. Il aurait été dommage de ne pas profiter de ce grand lit, à côté duquel trônaient deux sublimes bougeoirs, posés sur les chevets qui semblaient avoir été cirés depuis peu. L’odeur du bois, de la cire, m’ a toujours attirée. Elle m’ apaise. J’ avais envie de prendre ce petit plaisir olfactif avant d’entamer ma nuit, à la lueur de la bougie…

Mais il était un peu plus de cinq heures et la boulangerie du coin n’ ouvrait que dans deux heures. Je voulais absolument leur préparer le petit déjeuner et je me demandais ce que j’allais bien pouvoir faire deux heures durant, seule, en attendant d’aller chercher croissants, pains au chocolat et quelques oranges au petit marché du dimanche. J’ étais un petit peu fatiguée moi aussi, mais, une fois de plus, bien que satisfaite que monsieur ait pris son pied, ma frustration de ne pas avoir joui me maintenait dans un état d’ énervement certain…

Fabio avait rejoint les draps frais. Il avait allumé quelques bougies et s’ était endormi le temps que j’ arrive. La maison était silencieuse, perdue dans un petit coin de campagne si agréable… Je savais que si je me posais maintenant, je ne me réveillerais pas avant des heures. Et… Je m’étais fichue en tête ce foutu petit dèj! Je pensais : quoi de plus chouette que de trouver un copieux petit déjeuner et un jus d’ oranges fraîchement pressées en se levant le dimanche?

Je voulais faire plaisir à tout le monde et je lutterai contre le sommeil pour ça. J’ entamais une réflexion propre aux femmes parait il. Sommes nous trop cérébrales? Trop réfléchies? Il est bien connu que les femmes viennent de Vénus et les hommes de Mars! Mais je me demandais pourquoi nous étions si différents… Pourquoi lorsque l’ homme joui, son orgasme sonne la fin de l’acte? Dans la majorité des cas, dans la majorité des histoires de couple que j’ai entendues, dans la totalité des mes histoires… Que la femme ait joui ou non! Je me demandais pourquoi je me contentais de cela, pourquoi j’ arrivais à être heureuse du bonheur des autres au détriment du mien… Puis, rendue à l’évidence, je sortis de ma torpeur en me disant que j’ étais maîtresse de ma vie. Je ne voulais pas trop réfléchir , car je savais que cela m’ amènerais à la crise de larmes… Il faut dire que, comme d’ habitude, la soirée avait été bien arrosée. L’ alcool menant à philosopher et à trop penser, ce n’est pas mon truc. Ma devise étant de profiter de tout et de sourire, je préférais laisser tomber mes interrogations imbibées , et de trouver un moyen agréable de passer l’ heure et demie restante avant l’ouverture…

Nous n’avions pas pris la peine de déguster notre dernier verre, alors je m’en servis un. Après tout, ce n’est pas la fête tous les soirs, et il aurait été impardonnable de gâcher ce rouge si délicieux!

Fabio me faisait envie pour ne pas mentir. Mais il ronflait maintenant comme pas permis, venant perturber le silence de cette campagne reposante. Heureusement que la chambre des copains se trouve à l’autre bout de la maison! J’étais tout juste joyeuse, et ce dernier verre de vin sera celui qui accompagnera mon heure et demie.

Dans mon sac régnait un petit trésor… Ne me doutant pas un instant que Claire et Bastien concluraient dans leur coin, j’avais emporté mon toy vibrant. Petit, discret, mais tellement efficace! Cette nuit je voulais faire le bonheur absolu de Claire et combler les désirs voyeurs de ces messieurs! Mais il en aura été autrement pour cette fois.

J’avais repris le dessus sur le sommeil gagnant. Morphée semblait s’ éloigner momentanément, laissant place à mes plans de dernière minute! J’ai cette grande maison pour moi toute seule, je compte en faire bon usage…

Ils ont un goût certain pour le mobilier. La décoration est légère et soignée. Un peu trop moderne à mon goût. Je sais qu’ils ont mis ces ravissants chandeliers dans la chambre d’amis pour me faire plaisir. Je leur avait fait part de mon amour pour la douce lueur que les bougies dégagent, pour l’atmosphère à la fois romantique et mystérieuse qu’elles apportent. Je n’en vois nulle part ailleurs que sur les chevets… J’ai envie de me faire plaisir… D’un pas léger mais décidé je me dirige près de Fabio, saisissant le bougeoir en protégeant de ma main les flammes des chandelles à peine entamées. Je le dépose sur la table basse en bois massif du salon, et répare chercher le plaid que je place sur le canapé. Mon ballon de rouge prend une couleur chatoyante près des flammes; un tout petit cocon se forme autour de moi. Je suis dans une bulle délicatement lumineuse et chaude, qui me donne envie de me lover dans tous les sens du terme.

Rapidement je tombe ma tenue légère… Je m’allonge sur la douce couverture et je commence à rêver éveillée… Le scénario prend place dans ma tête avec une efficacité redoutable: je n’ai encore rien commencé et déjà je ressens des palpitations dans le bas de mon ventre… Il va falloir calmer la cadence si je veux tenir jusqu’à l’ ouverture de cette foutue boulangerie!!!

Je me fais confiance, ce n’est pas la première fois que je m’ offre ce genre de délire… Quoi que, dans ce genre de circonstance, si!

La reprise des études, à mon âge, ce n’est pas si simple. Mais c’est quand même une folie douce qui m’ excite outre mesure. L’ aventure universitaire, cette histoire que j’ai juste écrit et non vécue… Les cours d’ art sont mes favoris. Ils laissent mon imagination s’ exprimer, ils laissent entrer le “sans limite”, toute forme d’art ayant place dans ce monde fous, chacun pouvant y trouver sa propre interprétation, tout ce qui correspond à mon ouverture d’esprit exposé sans pudeur.

Je vois mon professeur de modelage ce soir. Il n’a pas tardé à accepter mon invitation, ce qui dans un premier temps me parut étrange: j’ai la trentaine bien installée, le cours grouille de petites nenettes bien roulées d’à peine vingt ans, dont il n’aurait aucun mal à mettre dans son lit! Mais ce soir il acceptait de me voir pour discuter de techniques de sculpture, module que je découvre en ce début d’ année… Il est évident que je n’ai pas l’intention de parler argile toute la soirée…

La discussion dévie aisément. Il acquiesce le fait que bavarder technique sans pratiquer technique est plus ou moins vain, et nous sommes amenés à parler de nos vies. Je ne suis pas une gamine, j’ai un peu de vécu et surtout l’œil charmeur. La petite cinquantaine, l’ allure soignée, la chevelure grisonnante, la main légèrement caleuse qu’ anoblit le travail de l’artiste, tout de quoi me rendre ivre de désir pour lui… Je le défie gentiment du regard. Je feins la maladresse lorsque mon pied caresse doucement sa jambe… Nous avons mangé un léger morceau, bu quelques cafés, l’heure du départ de la brasserie se fait sentir.

– Vous n’allez tout de même pas rentrer tout de suite? lui dis je.

– Mon premier cours est à 10 heures demain, vous avez une idée?

– Une petite…

La discrétion reste quand même de mise, nous ne sommes pas loin du campus. Je refuse de compromettre la moindre intégrité! Mais le risque de se faire prendre est tellement tentant…

Je l’empoigne et l’attire au fond d’une ruelle à l’allure sordide il faut dire… Il ne pipe mot et se laisse diriger. Sans sourciller, nous sommes assez proches pour sentir nos haleines caféines…

Je me colle à lui sans concession, je trépigne, je joue des épaules et des hanches, c’ est une invitation au rythme lent et ondulé d’une danse lascive…

– Prenez moi, professeur…

Le chemisier tombe sur mon épaule, la bretelle grise sur mon bras, sa main empoigne mon sein et le libère de son carcan…

La couverture me donne chaud. Mes mains caresse mon corps et s’arrêtent sur mes seins au tétons pointillant…

Sa bouche titille ma nuque en direction de ma poitrine. Sa langue atteint mes mamelons, la sucions est absolument esquisse. Il ne cesse de les stimuler, tantôt avec des coups de langue délicats et lents, tantôt rapide accompagnés de légères morsures. Ça me rend totalement dingue. Mon corps électrique est à sa merci!

Mon subconscient ordonne à sa main de descendre.

Mon conscient ordonne aux vibrations d’ exalter!

J’oublie les chandelles, j’oublie le Bordeaux, je suis au fin fond d’une ruelle et je vais me faire prendre là, comme une frêle étudiante sans expérience…

Le prof ravit mes sens. Descend mon ami descend, le sous sol demande un peu de lumière!

Perchée sur mes talons aiguilles je me sens vaciller lorsque sa langue atteint mon bouton. C’est un virtuose de l’ adaptation et du rythme. Mes muscles se tendent, je m’efforce de ne pas serrer sa tête et de juste l’ inviter à continuer. Glisse tes doigts en moi professeur, et remonte me faire goûter le fruit de mon excitation…

Les vibrations sont contrôlées: je ne veux pas partir de suite. Je veux qu’il empoigne à juste dose ma gorge et qu’il me penche en avant.

Passe ta main dans mes cheveux, serre les, sois impétueux. Je veux te sentir en moi!

Ma jupe est relevée, une goutte de sueur perle entre mes seins. Bientôt, mes fins poignets sentiront leur impact sur le mur de briques. Mon haleine goût de café prend celui cuivré de mon agitation… Je pense alors à la charmante demoiselle dormant non loin de là et qui devrait bientôt connaître ça…

Il va, vient, gémit de plaisir tout en continuant de stimuler ce minuscule point d’intense magie.

Il est l’instrument de mon désir. Je le manipule au gré de mes envies, il me violente avec consentement dans cette sombre ruelle. Je ne le vois plus, et tel le vulgaire objet qu’il est soudain devenu je l’utilise pour qu’il me baise comme je l’ai décidé. Uniquement comme je l’ai décidé!

Et le voilà enfin, cet orgasme que j’attendais tant! Le voilà, cet instant de flottement, de chaleur et d’ euphorie! Cet instant de lâché prise, qui me conduit à un étrange sentiment, à la fois de naïveté et de toute puissance.

Je prends le temps de souffler un peu: j’ai vraiment très chaud. Consumées à moitié, les bougies accompagnent subtilement les premiers rayons du jours traversant la baie vitrée.

Je ne suis plus du tout fatiguée, au contraire je me sens prête à remettre ça, pour de vrai! Mais il va s’ en dire que je préfère laisser le temps à mes compagnons de débauche de prendre du repos, pour ne pas être de nouveau… Presque déçue! Devrais je d’ ailleurs jouer l’ égoïste débauchée pour espérer vivre ce que je viens de rêver?

Je me lève doucement, je me retiens de rire lorsque je me rends compte qu’ effectivement j’ai eu plus que chaud, et qu’il me revient, je ne sais pour quelle raison, les paroles de ma Benz : “faut qu’ ça transpire faut qu’ ça glisse“. Lord Ko et NTM l’avaient bien compris il y a deux décennies !

Je me balade nue dans le salon quelques instants, l’air caressant mon corps humide me refroidit peu à peu. Je repasse mes vêtements: il ne sont pas la tenue idéale pour aller chercher des croissants! Pas grave, je suis en after!

Sept heures dix sept: oups! Je suis en retard…

By |2018-09-06T10:53:49+00:00septembre 6th, 2018|Les Récits de Lila Tom, Récits|1 commentaire

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Un commentaire

  1. Flavien vie 10 septembre 2018 à 11 h 50 min

    Une fois encore je fut complètement embarqué dans le plaisir de lire tout ses plaisirs.
    Un grand moment
    Merci

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