Wonderland T.1 :

Retour au pays des merveilles

Scénario : Raven Gregory

Dessin : Daniel Leister

192 Pages

Prix : 16,00 €

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Synopsis :

Retour au pays des merveilles

Alice Liddell n’est plus la petite fille que vous connaissiez autrefois. Des années se sont écoulées depuis qu’elle a fait le voyage au Pays des Merveilles. Aujourd’hui mariée et mère de deux enfants, Alice a tout pour être heureuse. Mais tout bascule le jour où sa fille, Caroll Ann, surnommée Calie, est à son tour attirée par le Pays des Merveilles. Ce pays, autrefois bucolique, a bien changé et c’est un monde plein d’horreurs et de folies qu’Alice va devoir redécouvrir en partant sauver sa fille.

Les relectures des contes classiques sont nombreuses, et Alice fait partie de ceux qui suscitent le plus d’intérêt. Que ce soit au cinéma, en roman, ou comme ici, en comics, c’est un terrain propice à toutes les extrapolations. L’éditeur américain Zenescope l’a bien compris et à créer le buzz avec une série intitulée « Grimm Fairy Tales » (les contes de Grimm) dans laquelle les petites culottes sont apparentes et les héroïnes n’ont pas froid aux yeux. Wonderland est un dérivé de cette série, qui traite plus précisément de la fameuse Alice et de son pays des merveilles.

Le postulat de départ donne tout de suite envie d’en savoir plus : Alice Liddell a grandi, elle s’est mariée et a donné naissance à deux enfants, Calie et Johnny. Mais elle est restée traumatisée par le pays des merveilles et après une tentative de suicide (qui donne droit à une jolie planche où la nudité suggérée d’Alice nous laisse à penser que son mari ne devait pas s’ennuyer au lit), elle devient littéralement un légume. Depuis, entre un mari frustré qui s’adonne au SM avec sa maîtresse et des enfants complètement livrés à eux-mêmes, la situation de la famille Liddell est bien complexe. Et lorsque Calie se retrouve à son tour happée par le monde des merveilles, on se dit qu’il ne va pas falloir en perdre une case. Le monde des merveilles imaginé par Zenescope est bien différent de tous les autres : entre un chat de Cheshire aux allures de monstres, des sœurs reines de cœur complètement barrées et un chapelier fou violeur de jeunes filles, le spectacle est à la hauteur. Comment Calie peut-elle se sortir de ce cauchemar ? Et surtout que devient sa famille pendant ce temps me direz-vous ? Et bien, Johnny devient psychopathe, le père continue de forniquer allègrement, et Alice… on vous laissera découvrir par vous-même.

Il faut avouer qu’il faut être bien barré dans sa tête pour pondre un scénario comme celui-ci, et encore plus barré pour le mettre en images. Raven Grégory, Al Rio, Rick Bonk et Daniel Leister forment donc un groupe hauts en couleur, mais qui fait que l’on prend un malsain plaisir à mater les tenues affriolantes de Calie, encourager les abus sexuels de Lewis, et tenter de comprendre ce qui trotte dans la tête de Johnny. Les dessins fonctionnent parfaitement, dans un pur esprit comics indé à la Top Cow, Image et autres, et tout est suggéré, on est dans l’érotique, pas dans le pornographique.

Gros plus de cet album, les bonus plutôt originaux : une partie du journal d’Alice, lorsqu’elle avait 10 ans, le blog de Calie (son journal intime version moderne, mais du coup plus du tout intime puisqu’elle le poste sur le net) ainsi que celui de Johnny (même chose), quelques croquis de recherches, mais surtout des pages explicatives où on vous donne une foule de petits détails qui vous forcent à vous replonger dans le bouquin. Comme un twist à la fin d’un film où on se dit « merde, ils m’ont bien eu », ici, on se rend compte que rien n’est laissé au hasard (Calie… l’anagramme d’Alice ?). Bref, une idée juste géniale pour prolonger la lecture et nous immerger encore plus dans l’univers.

Au final un premier tome très bien fait (Graph Zeppelin toujours au top, avec une fabrication léchée et un boulot de traduction et d’adaptation exceptionnel), sexy, amusant, qui donne envie d’en savoir plus et surtout d’en… voir… plus.